A propos des dents de sagesse

Les dents de sagesse correspondent aux troisièmes molaires, souvent incluses ou enclavées par manque de place. Leur proximité du nerf alvéolaire rend son extraction parfois délicate lorsque les racines sont édifiées. Leur position peut entrainer des complications infectieuses (par défaut d’hygiène compte tenu de la difficulté à les brosser), ou orthodontiques (encombrement dentaire antérieur). Il peut être intéressant de les extraire à l’adolescence car les suites sont plus simples. Il est parfois nécessaire de les extraire à l’âge adulte.

dents de sagesse
Position des dents de sagesse

Comment se déroule l’intervention d’avulsion des dents de sagesse ?

  1. L’intervention se déroule sous anesthésie locale ou générale.

  2. L’intervention nécessite une incision de la gencive en arrière des dents de sagesse, puis il faut le plus souvent dégager la dent bloquée en fraisant l’os. Parfois, il est nécessaire de sectionner la dent avant de l’extraire.

  3. La fermeture se fait à l’aide de fils résorbables qui disparaîtront spontanément en 15 jours à 3 semaines. Leur persistance est parfois un facteur d’irritation locale, il faut alors contacter le chirurgien pour qu’il les enlève.

  4. La durée de l’intervention est variable selon les difficultés chirurgicales. Elle est en moyenne de 30 minutes. Généralement pour une anesthésie générale, la durée de l’hospitalisation est d’une journée. Bien que cela ne soit pas systématique, prévoyez quelques jours d’arrêt de travail (2 à 3 jours) après une extraction, qu’elle soit sous anesthésie générale ou locale car les suites sont parfois douloureuses, la joue peut être gonflée et vous pouvez avoir du mal à ouvrir la bouche.

Ce qu’il faut retenir

Préparation : Antiseptiques locaux.
Durée de la chirurgie : 20 à 40 minutes.
Anesthésie : Anesthésie locale ou générale.
Douleur : nécessite un recours aux antalgiques sans attendre d’avoir mal.
Soins : glace sur les jours et bonne hygienne de la bouche et des dents.
Complications : Rougeurs, bleu, œdème, abcès entre 3 et 6 semaines ; rare : trouble sensitif.
Contre-indications temporaires ou définitives : traitement faisant saigner.
Éviction sociale : 3 à 10 jours.
Coût : remboursement de la sécurité sociale : 83,60€ à 209€ en fonction du nombre de dents.
Un complément d’honoraire de 60 à 110 € en fonction de la difficulté.

Les soins post-opératoires

Pour obtenir une cicatrisation dans de bonnes conditions après l’opération, certaines précautions doivent être respectées :

  1. L’alimentation doit être molle et tiède. Il faut éviter une nourriture trop chaude, trop épicée ou trop acide, comme les jus d’orange pendant quelques jours.

  2. Une bonne hygiène buccale est indispensable pour que la cicatrisation se fasse sans complication. Après chaque repas, les dents et les gencives devront être nettoyées par brossage avec une brosse à dent et du dentifrice. La brosse à dent chirurgicale est utilisée avec le bain de bouche sur les zones opérées. Des bains de bouche sont prescrits en rinçage après le brossage. Un jet hydropulseur peut également être utilisé.

  3. Bien masser les joues pendant les bains de bouche, même si c’est un peu sensible.
  4. Il faut arrêter absolument le tabac, l’alcool et tous les irritants jusqu’à la fin de la cicatrisation de la plaie.

  5. Le manque de sommeil ne favorise pas la cicatrisation. Les adolescents ont tendance à se coucher trop tard, mais il est important d’avoir un sommeil de qualité et réparateur.

Les suites opératoires habituelles et les soins post-opératoires.

  • Les saignements : Il est fréquent qu’un petit saignement, souvent gênant, persiste pendant quelques heures. Le traitement consiste à appliquer une compresse sur la zone de l’extraction des dents de sagesse et mordre sur celle-ci tant que la saignement ne s’est pas arrêté. Ce saignement peut se prolonger parfois pendant la nuit qui suit l’intervention. Afin de ne pas évacuer le caillot sanguin qui s’est formé dans l’alvéole, les bains de bouche doivent être faits avec délicatesse pendant les premières 24 heures.

  • La douleur au niveau des zones opérées est plus fréquente en bas qu’en haut. Elle cède souvent avec des antalgiques et disparaît en quelques jours.

  • L’œdème (gonflement des joues) est fréquent. Il est imprévisible car variable d’une personne à l’autre et bien limité par des poches glacées.

  • Une limitation de l’ouverture buccale est fréquente pendant quelques jours bien qu’elle ne soit pas systématique. Il faudra donc prévoir une alimentation molle. Exceptionnellement, cette difficulté à ouvrir la bouche peut durer plusieurs semaines.

Les risques

Tout acte médical, même bien conduit, recèle un risque de complications. Il peut s’agir de:

  • la perte d’un plombage ou le descellement d’une couronne : l’extraction de la dent de sagesse implique l’utilisation d’un instrument qui s’appuie parfois sur la dent jouxtant la dent de sagesse. Un plombage trop gros ou ancien, une couronne mal scellée peuvent subir des dommages. La deuxième molaire peut être parfois mobilisée.

  • une diminution ou une perte de la sensibilité de la lèvre inférieure : le nerf alvéolaire inférieur chemine à l’intérieur de la mandibule en passant sous les racines des dents. Lorsqu’il est au contact des racines de la dent de sagesse il peut être lésé. Il s’ensuit alors une perte de la sensibilité de la lèvre inférieure du côté atteint, temporaire ou exceptionnellement définitive.

  • une perte de la sensibilité de la langue du côté de la lésion, car le nerf lingual situé au contact du bord interne de l’angle de la mandibule peut être atteint par un instrument lors de l’extraction. Cette perte de sensibilité est le plus souvent temporaire (quelques jours à quelques semaines) ou exceptionnellement permanente.

  • une infection des tissus mous de la joue (cellulite) peut survenir quelques semaines après l’extraction. Elle cède par un nettoyage et un traitement antibiotique adapté.

  • une alvéolite : infection de l’alvéole dentaire (orifice laissé libre après l’extraction). C’est la complication la plus fréquente qui survient  3 semaines à 1 mois après le geste chirurgical. Elle se caractérise par l’apparition d’un gonflement brutal alors que tout allait mieux. Il est nécessaire de consulter pour un nettoyage de l’alvéole, et de prendre un traitement antibiotique adapté.

  • une communication entre le sinus maxillaire et la bouche : la dent de sagesse supérieure est au contact même du sinus maxillaire. Son extraction entraîne fréquemment une communication bucco-sinusienne qui se ferme spontanément en 15 jours à 3 semaines. Une persistance au-delà justifie un traitement chirurgical adapté.

  • la persistance de racines : certaines dents de sagesse, surtout inférieures, ont parfois des racines difficiles à extraire, de surcroît très proches du nerf alvéolaire inférieur. La volonté d’extraire à tout prix un fragment de racine fracturée peut constituer un danger pour le nerf tout proche. Il est parfois préférable de laisser ce fragment. Il n’y a aucune suite dans la plupart des cas.

  • la nécrose (mort) de la molaire jouxtant la dent de sagesse peut survenir lorsque l’extraction a été difficile, dans les semaines ou les mois suivants, et nécessiter une dévitalisation de cette molaire. Elle se révèle par une infection de cette dernière ou des douleurs à la mastication et/ou à la percussion de la dent.

  • la luxation de la dent de sagesse supérieure en haut dans le sinus maxillaire peut arriver. Elle peut justifier lorsque l’on opère sous anesthésie générale d’ouvrir le sinus par une incision au dessus de la canine supérieure pour récupérer cette dent afin d’éviter l’apparition d’une sinusite. De même, la luxation de la dent de sagesse supérieure en arrière dans la fosse infra-temporale.

Complications rares (exceptionnelles):

  • une fracture de l’angle de la mâchoire qui peut nécessiter de bloquer la mâchoire en position fermée pendant quelques jours et d’opérer en mettant en place une plaque et des vis.

  • une névralgie est une douleur d’apparition spontanée, vive et donc très gênante qui peut être secondaire à la lésion partielle d’un nerf. Si le nerf alvéolaire inférieur a été lésé, la douleur vive irradie dans les dents antérieures et/ou la lèvre inférieure. Si c’est le nerf lingual qui est abîmé, la douleur irradie dans la moitié de la langue. Ces douleurs sont très difficiles à traiter et durent parfois très longtemps. Elles sont heureusement très exceptionnelles.

Il faut souligner que ces complications sont peu fréquentes et sont souvent le résultat de conditions anatomiques particulières repérées par le chirurgien lors de la consultation.