Ce document a pour but de donner les informations utiles préalables à  tout consentement à des injections de toxine botulique de type A à visée esthétique.

La toxine Botultoxine_profilique est une protéine issue de culture bactérienne « Clostridium Botulinum ». Elle est utilisée depuis 1989  pour avoir diminuer les contractions des muscles pour traiter le strabisme ou le blépharospasme. Depuis, de nombreuses indications se sont développées ; les torticolis spasmodiques, les spasmes du visage, les dysphonies, les douleurs des articulations temporo-mandibulaires, et en médecine esthétique (rides du front et autour des yeux). Le traitement consiste à injecter de très faibles doses de substance active de toxine botulique purifiée directement dans les muscles responsables des rides afin de les relaxer.

Principes

Le principe de la toxine botulique consiste en l’utilisation des propriétés de relaxation musculaire de ce produit.

  1. En esthétique :

Le but le plus souvent recherché est de réduire l’action des muscles situés au niveau du front et des sourcils, afin d’atténuer aussi bien les rides horizontales que les rides verticales provoquées par la contraction de ces muscles.

Une telle utilisation permet de lisser les reliefs cutanés et d’obtenir ainsi un effet de rajeunissement par relâchement de la tension musculaire.

D’un point de vue plus global, il faut savoir que la position des sourcils est assurée par un équilibre entre deux forces opposées, constituées par des muscles abaisseurs (situés au voisinage des sourcils) et un muscle releveur (le muscle frontal).

Les rides horizontales sont dues à la contraction du muscle frontal qui est releveur. Les rides verticales inter-sourcilières sont occasionnées par la contraction des muscles abaisseurs.

Le traitement par toxine botulique doit être conçu et géré dans le temps : il convient donc de traiter progressivement et d’éviter le risque « d’en faire trop » lors des premières injections.

  1. Pour les douleurs des articulations temporo-mandibulaires:

Le syndrome Algo-Dysfonctionnel de l’Appareil Manducateur (SADAM) parfois appelé syndrome de Cotten est une pathologie complexe dépendant de nombreux facteurs (occlusion dentaire, stress psychologique, pathologies articulaires, position cervicale…). De nombreux traitements peuvent être proposés (équilibration de l’occlusion dentaire, gouttière de libération occlusale, ostéopathie, posturothérapie, kinésithérapie, orthodontie, chirurgie orthognathique…). Dans certains cas, il peut y avoir un intérêt à agir directement sur les muscles qui compriment l’articulation temporo-mandibulaire.

Déroulement des injections

  1. La peau est désinfectée

  2. On injectera  ensuite à l’aide d’une seringue et d’une aiguille, des petites doses de solution de Toxine Botulique de type A dans les muscles de la glabelle, sur des points très précis.

  3. Il n’est pas nécessaire de pratiquer une anesthésie locale au préalable, les injections étant très peu douloureuses.

Effets obtenus

  1. L’efficacité apparaît dès la première semaine, atteint son maximum en un mois et se maintient pendant 4 mois environ. Le retour à l’état initial est progressif et à partir du 4ème ou 6ème mois les contractions musculaires reprennent lentement et les rides réapparaissent progressivement telles qu’elles étaient avant l’injection. Une nouvelle séance d’injection de toxine botulique peut être alors proposée.

  2. Le résultat des injections de la toxine botulique à visée esthétique peut être variable d’un patient à l’autre. Il dépend des caractéristiques anatomiques des muscles, en particulier de leur puissance, de l’épaisseur de la peau et de la profondeur des rides.

  3. Plus les muscles sont puissants et la peau est épaisse et moins le résultat sera complet.

Les injections de toxine botulique à visée esthétique ont pour objectif de vous satisfaire dans des proportions réalistes. Seule une évaluation précise, avec votre médecin, des modifications de votre aspect esthétique que la toxine botulique peut induire, vous permettra d’obtenir le meilleur résultat.toxine_muscles

Calendrier des injections

  1. Il varie en fonction des patients. En général une 2ème séance est à prévoir en respectant un délai de 3 mois minimum et une troisième séance se fera après 9 à 12 mois, soit une moyenne de trois séances par an pour maintenir un résultat.

  2. Les réinjections se feront à partir du moment où la ride réapparaît et que vous en faîtes la demande.

  3. La formation d’anticorps est possible, mais elle reste exceptionnelle dans l’utilisation esthétique de la toxine. Cependant pour éviter cet effet « vaccin », il est nécessaire de respecter un délai minimum de 3 mois entre chaque séance, sauf retouche éventuelle.

Contre-indications

  1. Les contre-indications sont peu fréquentes, mais importantes à respecter.

Les contre-indications absolues sont:

– les maladies neuro-musculaires comme la myasthénie,

– un traitement concomitant avec des aminosides (famille d’antibiotique dont font partie l’amiklin et la gentalline),

– une allergie à la neurotoxine botulique A ou au sérum albumine

  1. ‣une attente de résultats irréalistes.

  1. Des contre-indications locales relatives existent :

– cicatrices, dermatose inflammatoire en poussée entre les sourcils. Il faudra les traiter au préalable.

– Un traitement anticoagulant ou antiagrégant (aspirine par exemple) à dose efficace en cours, nécessite des précautions d’emploi. Vous devez par conséquent, en cas de moindre doute, effectuer les examens nécessaires et en communiquer les résultats à votre médecin.

– Toute grossesse, même débutante (quelques jours seulement) nécessite de repousser la date des injections après la grossesse et l’allaitement. Vous devez par conséquent, en cas de moindre doute, effectuer les examens nécessaires et en communiquer les résultats à votre médecin.

– Si vous avez un ennui de santé quelconque (notamment infection, grippe, abcès dentaire…) vous devez impérativement en faire part à votre médecin avant l’injection. D’une manière générale, vous ne devez pas hésiter à mentionner à votre praticien le moindre problème de santé rencontré afin que celui-ci apprécie l’opportunité des injections. Dans le même ordre d’idée, vous devez lui faire part de toutes vos interrogations et mentionner tous les traitements dont vous avez pu faire l’objet ou dont vous faites encore l’objet. Celui-ci jugera alors avec votre médecin traitant de l’opportunité des injections sur votre personne

Prévenez également votre médecin, si vous êtes soigné(e) par ailleurs par des injections de toxine botulique pour des spasmes pathologiques ou pour une hyper-sudation.

D’une manière générale, vous ne devez pas hésiter à mentionner le moindre problème de santé

Effets secondaires et complications

  1. Les effets secondaires et les complications sont rares et transitoires, ils seront d’autant plus facilement évités que les contre-indications et les précautions d’usages seront respectées.

– Ecchymoses (bleus), œdème (gonflement), douleurs aux points d’injections.

– Mal de tête passager

– Ptosis de la paupière supérieure, se manifestant par une ouverture limitée de la paupière. Cet effet est rare (0.5% à 5% des cas) et est toujours réversible, sa durée est plus courte que l’effet de la toxine botulique sur les rides et peut durer jusqu’à 4 semaines environ. Un traitement local pourra être prescrit par votre médecin le cas échéant.

– Abaissement des sourcils, résultats asymétriques, une correction sera alors possible par de minimes injections

– Diplopie transitoire (vue double)

– Résistance au traitement

– Allergie à la toxine botulique

Les imperfections de résultat

1) Imperfections localisées

  1. Dans quelques cas, des imperfections localisées (persistance de petites ridules) peuvent être observées sans qu’elles constituent de réelles complications. Elles dépendent de l’aspect de surface de la peau qui peut présenter, déjà avant les injections, une «cassure» indélébile due à l’ancienneté de la ride.

  2. Il peut exister aussi des résultats insuffisants et même asymétriques : ils sont dus au fait que nous avons des muscles plus ou moins puissants et surtout souvent asymétriques.

Ces imperfections sont en général traitées par une injection complémentaire de toxine botulique, le mois suivant l’injection.

  1. Il convient de remarquer que, si une injection complémentaire localisée peut parfois être souhaitable après une injection pour parfaire le résultat, celle-ci ne doit pas être réalisée avant le 15e jour car les balances musculaires (équilibre entre les groupes de muscles) mettent environ 15 jours pour s’établir.

2) Asymétrie résiduelle

  1. Une asymétrie des deux côtés du visage ainsi que des rides plus marquées d’un côté que de l’autre existent le plus souvent avant l’injection.

  2. Enfin, le muscle responsable de la ride peut être plus puissant d’un côté que de l’autre. Cela est généralement analysé avant l’injection. Dans une telle hypothèse, les injections se feront suivant une technique adaptée et légèrement différente d’un côté par rapport à l’autre. Malgré cette précaution, une asymétrie résiduelle peut persister et est éventuellement susceptible de bénéficier d’une injection complémentaire.

  1. Les actes à visée esthétique ont pour objectif de rendre plus heureux et de vous satisfaire dans des proportions réalistes. Il arrive cependant parfois que l’effet ainsi escompté ne soit pas atteint et que ces actes augmentent au contraire des troubles psychologiques préexistants. Le vécu post-injection peut être extrêmement différent d’un patient à l’autre, et ce même avec un résultat esthétique comparable.

Dans le cas de la toxine botulique, le rajeunissement est obtenu en contrepartie d’une diminution, voire disparition, de certaines expressions du visage. Cet aspect a été évalué avec vous pour éviter les risques de déconvenues, notamment si vous êtes acteur, présentateur, etc.

Informations complémentaires

  1. S’agissant d’un acte à visée esthétique, aucune prise en charge par l’Assurance Maladie ne peut avoir lieu, y compris pour un arrêt de travail (sauf cas exceptionnel aucun arrêt d’activité n’est nécessaire).

  1. Il est convenu que des photos avant/après l’intervention seront effectuées dans un but de suivi du traitement et de tenue du dossier médical et éventuellement dans un but  exclusivement scientifique et/ou éducatif.

  1. Votre spécialiste vous a communiqué toutes les informations sur les résultats attendus, les éventuels aléas relatifs à ce type de traitement, les effets secondaires possibles, les inconvénients mineurs et tous les risques connus inhérents à cet acte médical. Si l’un de ces points reste incompris, vous devez absolument lui en faire part.

Pour en savoir plus

La toxine botulique est une substance qui diminue la contraction des muscles en agissant au niveau de la jonction neuromusculaire (action myorelaxante).

Depuis 1975, les médecins utilisent la toxine botulique pour corriger le strabisme de l’enfant, les tics du visage et les clignements incontrôlables de l’œil.

En France, les premières autorisations de mise sur le marché (AMM) sont apparues à partir de 1990 pour certaines indications pathologiques (ophtalmologie, ORL, rééducation fonctionnelle, neurologie).

En ce qui concerne l’esthétique médicale, le Docteur Carruthers, ophtalmologiste au Canada, s’est aperçu le premier que ses patients traités par la toxine botulique avaient moins de rides autour de l’œil que les autres. En 1990, une patiente observatrice lui demanda d’harmoniser l’autre œil : c’est ainsi que l’indication esthétique est née.

La toxine botulique sous le nom de Botox® a reçu, aux États-Unis, l’autorisation de la Food and Drug Administration (FDA) en 2002 pour son utilisation dans le traitement des rides inter-sourcilières ou « rides du lion ».

En février 2003, les autorités administratives françaises chargées du contrôle des médicaments ont pour la première fois délivré une AMM dans un but esthétique à la toxine botulique sous le nom de Vistabel® (laboratoire Allergan). Cette autorisation concerne l’utilisation esthétique pour le traitement des rides de la glabelle (rides inter-sourcilières ou « rides du lion ») sous certaines conditions de compétence des praticiens et de modalités d’utilisation.

Pour le cas où des injections seraient pratiquées dans le domaine de l’esthétique en dehors de ce site anatomique, elles seraient alors réalisées « hors AMM ».

En pratique, les indications les plus classiques de la toxine botulique dans le domaine de l’esthétique concernent les rides inter-sourcilières, les rides du front et les rides de la patte d’oie.